L’être humain, quoi que puisse en penser les joyeux de l’âme, les bien-pensants de la douceur de vivre, n’est naturellement pas doté de compassion et ne peut en aucun cas éprouver ce sentiment dans le sens noble que l’on veut bien lui attribuer communément.
Le mensonge général est bien ancré, lorsque qu’un être souffre, certain autour vont montrer une forme de sympathie qui tendrait à faire comprendre à l’être souffrant que sa douleur est admise comme étant une difficulté, comme un mal sentimentalement ‘partageable’.
La réalité est d’une tristesse bien plus grande, bien plus difficile : Il n’existe aucune compassion chez l’être humain, seulement un échange de compréhension qui amène la partie la moins souffrante à éprouver un sentiment puissant d’empathie virtuelle et d’entraide, seulement dans les faits (pas dans les actes). Cela ce voit explicitement dans la démonstration de dons d’argent aux associations de lutte pour telle ou telle cause, ou bien dans l’écoute inattentive des paroles d’un ami dont la souffrance est sans nom. La compassion est en somme un vecteur d’autosatisfaction, un moyen de se sentir au dessus de toute chose en société, parmi d’autres comme ‘adjuvant’, comme bienfaiteur, peut-être un peu plus, mais surtout pas moins, et surtout pas au niveau de l’être peut-être un peu plus, mais surtout pas moins, et surtout pas au niveau de l’être souffrant.
« Il n’existe pas d’actes désintéressés » dirait Nietzsche.
Cette réalité est observable seulement lorsque les rôles s’inversent, lorsque l’on passe, malgré soi, de l’adjuvant à l’être soufrant. La chute est difficile, et la clairvoyance brule la rétine, les sens et l’esprit en dernier lieu. L’égoïsme de l’instinct de domination intellectuelle est si flagrant, si dénigrant pour l’être souffrant, qu’il amène un peu plus loin sa souffrance, l’aide à sombrer, et montre à quel point l’être écoutant prend un plaisir consciemment dissimulé à l’écoute, à la valorisation de ses capacités d’entraide, en quelques sortes : il se crée une certaine fierté de psychologue, un instinct pervers, mêlé de manipulation (car il devient facile d’être de bon conseil) et d’écoute inactive qui amène l’auto-satisfait de la compassion à prendre un dessus social et psychologique sur tout être souffrant. Il apparaît clair que l’espèce humaine n’est pas douée de compassion, car cela desservirait son instinct de conservation, les plus faibles amènent les plus forts à l’amélioration. Quant aux faibles en question, ils ne leur reste que leur propre force, s’il la trouve, pour dépasser ces sommets qui les séparent du rétablissement. La « psychologicalisation » de la société (multiplication de pages psycho, test, et astrologie) est un phénomène parmi d’autres qui illustre ce mal social d’une société en perdition, qui ne peut tuer par les voies naturelles, mais qui choisit des moyens bien plus pernicieux pour arriver à des fins de conservation somme toutes naturelles.
Donner un sens moral à la compassion, pire, lui donner une existence, c’est participer à la destruction du monde, se montrer d’une compassion extrême, pire, se déclarer comme un compatissant actif et productif, est parmi d’autres, un moyen de se sentir d’une supériorité abjecte remplie d’orgueil social, mais fort. Je ne souhaite plus connaître la souffrance, pas pour ce que je me suis infligé, mais pour ce que j’ai pu en observer en conséquence dans le monde qui est.

J’ai posté cet ancien texte seulement pour le lien que je donne en référence du texte “Apologie de La Dépression”…mais c’est vieux tout ca, je considère qu’une réécriture est nécessaire…
Ensuite, le sujet de la compassion est vaste, mais je considère que de nos jours, ce n’est plus un acte altruiste et désintéresse comme le veut la définition “morale”, mais un biais de gonflement d’estime personnelle au travers de la souffrance de l’autre…et je le vois encore, tout les jours, tout le temps, et je ne cesse de l’expliquer, et j’ai du mal à faire admettre aux gens eux-même,par eux-même, d’où vient cette fameuse compassion, si gentille, si parfaite…(mais ils l’admettent, qu’ils ont besoin de voir plus faibles pour se rendre plus important…mais faut insister…ils ne s’en rende même pas compte, de l’arrogance que leur “compassion fantasmée” crée…)
Eh oui, la compassion, ca existe, mais c’est galvaudé, c’est devenu opportuniste et violent tout en ayant la conviction de “faire le bien”, mais non, c’est un mal en 2010, un sadisme…
L’homme est partagé entre indifférence et jalousie écrivait José Saramago dans “L’aveuglement”.
Je ne sais pas si l’homme est doué ou pas pour la compassion, mais il n’en est pas complétement dépourvu. Le tout est qu’il prenne conscience que cette compassion est nécessaire, pas nécessairement pour les autres, mais aussi et surtout pour lui-même.
C’est le nouveau message que le bouddhisme, adapté à l’occident, nous enseigne alors que l’on a perdu la foi dans ce que Jésus nous a enseigné. Le message ayant été tellement instrumentalisé par ceux qui voulaient nous imposer des idoles.
Le don, la générosité, l’altruisme, c’est cette différence essentielle entre l’animal et l’homme qui vient de notre capacité à agir et à penser en dehors des schémas de notre nature. Bien sûr, ce n’est pas parce que l’on a une capacité que l’on sait ou que l’on veut s’en servir. L’homme privilégie l’intérêt que cela lui rapporte, mais sa vision est trop souvent limitée.
Bref il y a beaucoup à dire sur le sujet et ton article suscite en moi des réflexions, car rien n’est figé, tout n’a pas été dit.
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