Dans quelle mesure justifier l’existence de l’être humain ?
Dans quelle mesure ses désirs sont-ils quantifiables ?
Il existe un questionnement qui devient source d’une dépression immense à mesure que les réponses arrivent: la similitude des désirs, la ligne commune que tous empruntent, comme un idéal, devient l’axe vers lequel l’horizon de l’uniformité se dessine.
Les quelques pauvres variations qui existent ne suffisent pas à rassurer. L’un aimera le golf, l’équitation, le dessin ou le football, l’un fera des études, ou saura danser, l’autre saura s’habiller ou réussir en politique. Une fois oubliées ces différences désolantes, il ne subsiste rien, véritablement rien.
La question la plus déprimante : Qu’as-tu crée tout au long de ton existence ?
Quelle forme construite, contenant ton être, même plus, peu importe sa qualité ou son impact, qu’as-tu bien pu fournir « au delà de toi-même » ?
La réponse déprimante à la question déprimante : J’ai fais des enfants et j’ai une maison, moi, m’sieur.
C’était donc ca, le potentiel vital pour lequel je « suis » et pour lequel je me laisse le droit de « rester vivant », cela se résume par une unique réponse : je possède et je me reproduis.
C’était donc ca l’objectif, l’axe principal.
C’était donc ca, ce que j’ai raté dans ma course.
Mais faire un enfant n’est pas une création, c’est tout au plus une transmission, un vecteur d’apaisement de l’impossibilité d’Eternel. Posséder, et il n’y a pas à faire de différences entre posséder une maison, un terrain, une voiture ou un coton-tige, cela ne signifie rien.
Être dépossédé est simple. Le vol est simple.
L’argent évolue au travers de cette raison d’ ailleurs, c’est un idéal de possession : étant dématérialisé à l’extrême, il devient par la même occasion une réalité « in-volable ». Pour un seul Tony Musulin un peu malin, il y a des millions de fois le butin de son vol qui se promène d’une base de données à une autre, et qui se crée ou disparait au bon vouloir de ceux qui ont acquis le pouvoir d’en décider.
Alors c’était donc ca, posséder et ne rien créer, un programme d’une vie.
La lucidité de cette observation amène vite une autre question : Alors, à quel moment vos vies possèdent une importance ?
Que le Mal ou le Bien accompagnent vos actes et vous autorise le Paradis ou l’Enfer. Que toutes ces conceptualisations salutaires à la vie en société soient à l’origine de vos décisions, de vos visions et de vos jugements. Que vous soyez réfléchi ou instinctif, que vous possédiez ou non, que vous vous soyez reproduit ou non, à quel moment , dites moi, Vos existences ont une valeur ?
Nous, la masse, vivons.
Nous vivons, mais…..nous ne sommes qu’un ensemble modélisé, un ensemble qui agit, et dont chaque acte est compris dans un vecteur de mesure déjà bien calibré. La modélisation des systèmes non linéaires aide sérieusement à la compréhension de direction du monde, et explique avec simplicité la commande « Tout ou Rien » à l’entrée du système (commande appelée aussi « bang bang » en robotique, domaine fortement non-linéaire).
Il n’y a rien à tirer de la masse, il n’y a rien à attendre, car tant de monde qui donne autant d’importance à une vie aussi réduite à Rien détruit nécessairement tout espoir d’un quelconque idéalisme.
Il n’y a rien à attendre d’un monde ou tout un chacun se réveille avec l’idée de l’Argent, et se couche, détruit de n’avoir approché que « l’idée », comme un chemin consubstantiel au bonheur, une carotte attachée au crane de l’âne.
Les élites n’existent que pour Le montrer, l’Argent.
Mais les élites, tout autant que les vedettes, sont objectivement d’une bêtise profonde, la plupart démontrant à chaque actes , chaque paroles, qu’ils ont su, au mieux, réussir un diplôme, un casting (c’est équivalent) quelques années auparavant, mais guère davantage. Aucun ne montre une intelligence réelle, ni ne possède une culture digne d’admiration, et hormis la culture, aucun n’est digne d’admiration.
Alors, c’était donc ca : posséder et créer du vent en étant dirigés par l’élite la plus avide d’argent et creuse de sens, comme si 3000 ans d’histoire intellectuelle n’étaient utiles qu’à l’asservissement ?! Un subtil mélange d’ethnologie, de sciences, de médecine, de philosophie et d’épistémologie seulement pour donner le pouvoir à une minorité ?
Comment donner une importance à la vie avec tout ceci ?
Pourquoi il n’existe pas plus de suicidés qui, avant de se donner la mort, la donnerait en premier lieu aux plus grands voleurs du monde ? Quitte à être juge et bourreau, autant choisir quelques vrais accusés à l’occasion, prononcer et exécuter la sentence….
L’importance de la vie, du point de vue individuel est telle qu’un homme n’échangerait même pas sa propre mort contre son idéalisme, peu importe ses conséquences ?
Pourquoi un homme peut tirer à l’aveugle dans un collège, un bureau, une rue, et ne jamais vouloir tirer plusieurs balles sur un détenteur du pouvoir auparavant ? (je ne donne pas de noms…)
Bêtise, manque de culture, haine mal investie ?
L’ensemble du système définit-t-il aussi l’idéalisme du suicidé ?
Si même le suicide est vidé de son Idéal constitutif (car Cioran l’a montré: il y a un idéalisme au delà du suicide…quoique la nuance veut que celui qui passe à l’acte soit celui qui a le moins conceptualisé l’acte). Alors n’y a-t-il plus rien à faire ?
Si j’étais un employé de France Telecom (Orange), il serait important pour le PDG de s’entourer, de se protéger, pour sa survie, car je ne laisserai pas uniquement ma vie pour Ma gloire ou mon repos définitif. Si ma vie n’a plus de sens, ni de valeur, mes idées en ont, et les conservent, jusqu’à la seconde où l’index devient dernier catalyseur de la réaction.
Heureusement, je ne suis pas cadre chez Orange (heureusement pour tous), je ne laisserai jamais le travail décider de ma survie. Seule la faim, la soif et l’amour sont consubstantiels à la Vie, pas le travail.
Alors n’y a-t-il plus rien ?
Dans la qualité de vie que chacun se donne par le jugement immuables des phénomènes, le travailleur européen se donne-il plus de bonheur que le brésilien ou l’africain, ou le pauvre déterrant son repas de décharge publique ?
Est-ce que l’un ou l’autre souhaite toujours se réveiller le matin, souhaitent-ils, à égale mesure, voir le jour poindre ?
Mais alors, sur ces 7 milliards qui souffrent, ces 7 milliards qui ne peuvent, et ne pourront jamais avoir la moindre chance de jouer dans la cour des grands, qui seront toujours esclaves, dans la basse-cour, tout juste bons à fournir de la viande et des bras, qui ne pourront même pas décider de leurs instincts dominants, qu’ils soient Européens ou tiers-mondistes, pourquoi ne brulent-ils pas tout, ne détruisent-ils pas l’ensemble ? Où se situent donc les barrières ?
La réponse est aussi simple que leurs vies sont nulles : Ils donnent une importance démesurée à leurs existences. Démesurées, car l’ont a bien profondément inscrit en eux quelle devait être l’ordre de grandeur cette mesure, l’étalon est vendu, inséré en nous,il est rarement personnel.
La mort est mise en avant comme un Mal, comme le sexe, comme le sang, tellement déployés comme tels, exhibés à outrance et finalement de moins en moins accessibles et compréhensibles, qu’il est intégré en chacun de nous que Nos vies ont une importance. Que c’est un Droit, la Vie. LA VIE, COMME LA MORT N’EST PAS UN DROIT, C’EST UN DEVOIR, aussi il faut savoir réussir les deux, en décider.
Mais la réalité nous ramène à la vérité, il y a des droits falsifiés, sous couvert de sentiments, nous voulons, parce que nous avons « droit », mais nous n’avons objectivement droit à rien, et nous ne “voulons” jamais vraiment : nous demandons avec précipitation exclusivement ce que l’on nous présente ….Nous ne possédons qu’un unique droit : celui de répondre aux stimuli que les dirigeants, à force d’études, de modifications structurelles, politiques, climatiques, scientifiques, médicales, de peur, de désespoir et de manipulation toujours croissante et toujours plus grotesque (car il semblerait que plus c’est grotesque, plus le message gravé et universel), savent utiliser avec succès et universellement.
Ils nous ont donné l’impression que chacun de nous avait une place.
Aucun de nous n’a de place.
Ils ne voient qu’une masse compacte et homogène de bêtes manipulables, Ils ne voient qu’un outil, un troupeau. Nous belons, nous mangeons l’herbe que l’ont nous accorde de manger dans la prairie que l’on nous autorise à fouler, mais le reste, la Vie, l’impression de dépassement, la création « au delà de Soi », tout ceci est mort, ridiculisés, admis par tous comme des pertes , et toujours grâce aux mêmes moyens hypnotisant : L’importance donnée à la vie, la peur et la haine.
J’avais cru, à tort (erreur de jeunesse) que la haine était un des constituants utiles de l’évolution humaine, un adjuvant à la création. Faux. Nul. Zéro.
La haine est inexistante, elle n’a pas lieu de citer, elle est rare, et se dissipe très vite…tout aussi vite que l’Amour, ce ne sont que deux impressions éphémères dont on est en droit (et voici un véritable “Droit“) de laisser libre court à l’expression ou non.
La haine (ou “fausse haine”) est un produit de nos dirigeants.
Tout compte fait, peu d’entre vous l’auront réellement connu, la Haine. Ils haïront le voisin qu’on leur demande de haïr, mais jamais la Haine, celle qui fait bouillir le sang, détruit l’âme et le corps avec chaque seconde du temps qui passe plus lourde, plus noire que la précédente. La véritable Haine amène à l’autodestruction, pas à la lutte….peu d’entre vous l’ont connu ou la connaitrons, comme beaucoup ne connaitrons jamais le véritable Amour.
Toutes les valeurs sont inversées, dans le mauvais sens.
La valeur « Vie » devient un extrême, faussement idéalisé, qui n’est légitimée par rien et dont la réalité ne cesse de rappeler son mensonge, tout n’est sincèrement que frustration et souffrance .
La valeur « Haine » n’existe pas, ou peu, pas plus que l’Amour n’existe, ou si peu.
L’Amour de nos jours n’est qu’un compromis financier, chacun pensant toujours à ses intérêts. Le couple n’est plus fait d’interdépendance, mais d’inter-égoïsme malsain. L’addition de deux entiers naturels non-nuls ne fera jamais Un.
Chacun pouvant abandonner et détruire l’autre dés que le vent tourne, et qu’une fausse valeur, comme l’Argent ou l’importance de la Vie vient détrôner celle de la « Raison du couple » et de son existence comme entité minimale et solide la société humaine.
Je le dit sans détours, les Femmes doivent réapprendre à devenir servantes de leur Hommes, les Hommes doivent réapprendre à devenir Guerriers, de la Connaissance et de la vie.
La femme ne doit exister que pour le Repos du Guerrier (cf. Nietzsche), l’Homme ne doit exister que pour combattre à la survie de son foyer et des Connaissances qui le constitue.
Si un jour, la vie se simplifiait (à nouveau) ainsi, les dirigeants seraient perdus et faibles, la révolution commencera par la rééducation du couple, à commencer par la rééducation de la femme, et la re-valorisation de la Mort en tant que fête.
